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18 février 2026En 1984, ils étaient trente. Trente professionnels de l’investissement qui mettaient en commun 140 millions d’euros pour accompagner 300 entreprises françaises. Quarante ans plus tard, France Invest fédère plus de 470 sociétés de gestion et 200 sociétés de conseil, et ses membres investissent près de 45 milliards d’euros dans plus de 3 000 entreprises. Le chemin parcouru est vertigineux, mais l’association reste relativement discrète. Ce que font ses membres, en revanche, est loin de l’être.
Un rôle méconnu, un impact bien réel
France Invest, c’est d’abord une organisation professionnelle qui représente les acteurs du capital-investissement en France, ces fonds qui entrent au capital d’entreprises non cotées pour les accompagner dans leur développement, leurs transformations ou leur transmission. Ce que le grand public connaît mal, c’est l’ampleur concrète de ce rôle dans le tissu économique français.
Les chiffres 2024 (hors dette privée), publiés en partenariat avec Grant Thornton, donnent une idée de l’échelle : 36,9 milliards d’euros investis en fonds propres et quasi-fonds propres sur l’année, en hausse de 13 % par rapport à 2023, dans 2 881 entreprises et projets d’infrastructure. Les levées de de capitaux des fonds ont progressé de 9 % à 38,9 milliards d’euros dont plus de la moitié provient de l’étranger, ce qui témoigne d’une attractivité internationale réelle pour la place française.
Pour situer le contexte, l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), qui reconnaît officiellement France Invest, encadre depuis plusieurs années l’essor du capital-investissement comme classe d’actifs à part entière dans le paysage financier français.
L’industrie, premier bénéficiaire
Ce qui intéressera particulièrement les lecteurs d’Industrie Magazine : selon les données 2025 de France Invest, l’industrie représente 26 % des montants investis et 24 % des opérations réalisées. C’est le premier secteur d’investissement, devant le numérique et la santé.
Concrètement, cela signifie que des sociétés de gestion, membres de France Invest ont accompagné des centaines de PME et ETI industrielles françaises l’an dernier, en leur apportant non seulement des fonds propres, mais aussi de l’expertise, des réseaux et des capacités de croissance externe. Les entreprises accompagnées par le capital-investissement français ont vu leur chiffre d’affaires progresser de 4,6 % en 2024, contre 1,3 % seulement pour l’ensemble des PME françaises. Un écart qui ne s’explique pas uniquement par un effet de sélection, mais aussi par la valeur ajoutée de l’accompagnement.
Sur le front de l’emploi, les entreprises du portefeuille ont créé 78 485 postes supplémentaires en 2024. Sur cinq ans, c’est plus de 500 000 emplois nets qui ont été générés dans ces entreprises, à un rythme bien supérieur à la moyenne française et à celle des pays de l’OCDE.

Des performances qui tiennent dans la durée
Le capital-investissement est souvent perçu comme une classe d’actifs réservée aux initiés, complexe et risquée. Les données de performance publiées chaque année par France Invest en partenariat avec EY nuancent fortement ce tableau.
Sur les dix dernières années, le TRI net du capital-investissement français s’établit à 12,4 % par an, contre 8,9 % pour le CAC 40 dividendes réinvestis. Les fonds créés après 2008 qui ont été entièrement liquidés depuis ont réalisé un TRI de 14,1 % pour un multiple de 1,78x, soit, en langage simple, chaque euro investi a rapporté 1,78 euro à la sortie, frais déduits.
Ces chiffres sont à mettre en perspective avec la durée d’investissement moyenne, cinq à sept ans, qui impose aux fonds une vision long terme rarement possible sur les marchés cotés. C’est d’ailleurs ce que souligne régulièrement Bpifrance, acteur public incontournable de l’écosystème et partenaire naturel de nombreux membres de France Invest.
Un premier semestre 2025 solide malgré les incertitudes
Un premier semestre 2025 solide malgré les incertitude
Au premier semestre 2025, l’activité marque un léger recul en montants (14,7 milliards d’euros investis, en baisse de 5 % par rapport au S1 2024) mais reste à un niveau historiquement élevé. 1 476 entreprises et projets d’infrastructure ont été financés sur la période.
La présidente de France Invest, Sophie Paturle, a qualifié ce semestre de confirmation de la solidité de l’industrie, tout en pointant deux points de vigilance : une concentration accrue des levées sur quelques acteurs, et un marché des cessions encore en retrait. Des signaux qui invitent à la prudence sans remettre en cause la trajectoire de fond.
Sur le plan sectoriel, les énergies renouvelables confirment leur montée en puissance avec 2,5 milliards d’euros investis dans 68 projets d’infrastructure au S1 2025, un signal clair que le capital-investissement français prend sa part dans la transition énergétique
Au-delà des chiffres : un rôle de régulateur et de promoteur
France Invest ne se contente pas de publier des études sur le marché et l’activité. L’association joue un rôle actif dans la promotion des bonnes pratiques ESG auprès de ses membres, parité, décarbonation, partage de la valeur avec les salariés. L’association anime également des commissions thématiques et transversales, produit des livres blancs, guides juridiques et fiscaux de référence, rencontrent régulièrement les pouvoirs publics pour défendre un cadre réglementaire favorable à l’investissement dans les entreprises non cotées. Son ambition est claire : démontrer que le capital-investissement est un moteur de croissance durable, et pas seulement de performance financière.
Pour les PME et ETI industrielles françaises qui cherchent à comprendre leurs options de financement, le site franceinvest.eu propose notamment une boîte à outils dédiée aux épargnants et aux entrepreneurs. L’annuaire quant à lui, permet de découvrir la variété des sociétés de gestion. Selon la maturité de l’entreprise et ses projets, elle peut trouver le fond le plus adapté : généraliste ou spécialiste, national ou régional.
Questions / Réponses
France Invest s’adresse-t-il uniquement aux grandes entreprises ?
Non. L’association représente des sociétés de gestion qui investissent à tous les stades de développement : de la startup en phase d’amorçage jusqu’à l’ETI en phase de transmission. Les PME industrielles constituent même le premier secteur d’investissement en 2024, avec 26 % des montants déployés. Les tickets peuvent être très variables — de quelques centaines de milliers d’euros pour du capital-innovation à plusieurs centaines de millions pour des opérations de transmission.
Quel est l’impact concret du capital-investissement sur l’emploi industriel ?
D’après l’étude annuelle publiée par France Invest, les entreprises accompagnées par ses membres ont créé 78 485 emplois supplémentaires en 2024. Sur cinq ans, ce sont plus de 500 000 postes nets qui ont été générés dans ces entreprises — à un rythme de croissance de l’emploi nettement supérieur à la moyenne française et à celle des pays de l’OCDE. Dans l’industrie spécifiquement, les entreprises soutenues par le capital-investissement affichent une croissance de chiffre d’affaires trois à quatre fois supérieure à celle de leurs pairs non accompagnés.
Le capital-investissement est-il accessible aux épargnants particuliers ?
Oui, et c’est l’un des volets sur lequel France Invest travaille activement. Des véhicules comme les FCPR (Fonds Communs de Placement à Risque) permettent aux particuliers d’accéder à cette classe d’actifs historiquement réservée aux investisseurs institutionnels. Si les rendements sont attractifs, la contrepartie est un horizon d’investissement long (cinq à dix ans) et une liquidité limitée. Des solutions se développent pour contourner cette particularité : les fonds perpétuels, dits evergreen, ouverts aux rachats…). France Invest milite pour une démocratisation de l’accès à ces fonds, notamment via l’assurance-vie, l’épargne salariale et l’épargne retraite.
Comment une PME industrielle peut-elle entrer en contact avec un fonds membre de France Invest ?
Le premier réflexe est de consulter l’annuaire des membres disponible sur franceinvest.eu. Les fonds sont classés par segment (capital-innovation, développement, transmission) et par secteur, ce qui permet d’identifier ceux qui correspondent au profil et aux besoins de l’entreprise. Les experts-comptables, banquiers et conseils en fusion-acquisition sont également des intermédiaires naturels pour établir une mise en relation.




