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18 février 2026Il est incolore, plus lourd que l’air, et sa présence dans un espace confiné peut tuer en quelques secondes. L’hydrogène sulfuré, H2S pour les professionnels, est l’un des risques les plus sous-estimés de l’industrie et des réseaux d’assainissement. Pourtant, il est partout : dans les stations d’épuration, les réseaux de collecte, les sites de méthanisation, les industries chimiques et agroalimentaires. Tour d’horizon d’un problème que l’on préfère souvent ignorer, jusqu’à ce qu’il soit trop tard.
Qu’est-ce que l’H2S exactement ?
L’hydrogène sulfuré (H2S) est un gaz incolore, extrêmement inflammable, produit naturellement par la décomposition anaérobie de matières organiques contenant du soufre. Dans l’industrie et l’assainissement, il se forme principalement lorsque des bactéries sulfato-réductrices, se développant en l’absence d’oxygène, transforment les sulfates présents dans les effluents en sulfures, puis en H2S gazeux.
Sa signature olfactive est universellement connue : l’odeur d’œuf pourri. Perceptible dès 0,02 ppm (parties par million), cette odeur constitue theoriquement un signal d’alerte naturel. Sauf que ce mécanisme a une faille majeure : à partir de 150 ppm environ, l’H2S sature et paralyse les récepteurs olfactifs. On ne sent plus rien, mais le gaz est toujours là, en concentration dangereuse voire létale.
Selon les données du Ministère du Travail, au-delà de 500 ppm, l’H2S provoque une perte rapide de connaissance, des troubles respiratoires et cardiaques, et peut être fatal. À 1 000 ppm, la mort peut survenir en quelques minutes. La limite inférieure d’explosivité est de 4 % en volume dans l’air, ce qui en fait également un risque d’explosion dans les espaces confinés.
Où se forme l’H2S dans l’industrie ?
Les réseaux d’assainissement et les stations d’épuration
C’est le terrain de prédilection de l’H2S. Selon une étude publiée dans la revue ASTEE TSM, entre 40 et 50 % des postes de refoulement en France sont concernés par des problèmes d’H2S — un chiffre qui pourrait atteindre 70 % en zone rurale. Les conduites de refoulement, où les eaux stagnent en conditions anaérobies, sont les zones de production les plus actives. L’allongement des réseaux d’assainissement intercommunaux, la hausse des températures et les variations de débit liées aux zones touristiques aggravent le phénomène.
La méthanisation
La filière de la méthanisation connaît un essor considérable en France, avec près de 2 000 sites produisant du biogaz. Or, le biogaz issu des digesteurs contient systématiquement de l’H2S, à des concentrations pouvant dépasser 1 000 ppm selon les substrats utilisés. Ce gaz dégrade les moteurs de cogénération, corrode les équipements et rend impérative une épuration avant toute injection dans le réseau de gaz naturel.
L’industrie chimique, pétrolière et agroalimentaire
Le raffinage du pétrole, le traitement du gaz naturel, certains process de fabrication chimique et les industries de traitement des protéines animales sont également des sources importantes d’H2S. Dans les élevages porcins intensifs, la fermentation du lisier peut générer des concentrations dangereuses dans les bâtiments. L’industrie papetière (procédé Kraft) et certaines tanneries sont aussi des sources connues.
Les trois grandes menaces de l’H2S
1. La toxicité pour les personnes
L’H2S pénètre exclusivement par voie respiratoire. Il ne s’accumule pas dans l’organisme mais ses effets sont immédiats et dose-dépendants. Dès 10 à 20 ppm, il provoque une irritation des yeux, de la gorge et des voies respiratoires. Entre 50 et 100 ppm, le danger pour une exposition continue est avéré. Au-delà de 500 ppm, la perte de connaissance peut être quasi immédiate, et la mort peut survenir rapidement à 1 000 ppm. Le caractère particulièrement traître du gaz tient à cette saturation olfactive : les victimes d’accidents graves ont souvent cessé de le percevoir bien avant d’être en danger.
2. La corrosion des infrastructures
L’H2S, en présence d’humidité, est oxydé en acide sulfurique (H2SO4) par des bactéries du genre Thiobacillus présentes sur les parois des ouvrages. Cet acide attaque progressivement le béton, le cuivre, le fer et l’argent. Le résultat : des conduites qui se dégradent de l’intérieur, souvent sans signe extérieur visible, jusqu’à l’effondrement dans les cas les plus graves. En France, avec plus de 400 000 kilomètres de réseaux d’assainissement, les coûts de réhabilitation liés à la corrosion par H2S représentent des centaines de millions d’euros sur plusieurs décennies.
3. Les nuisances olfactives et les risques réglementaires
Même à des concentrations très faibles — bien en dessous des seuils dangereux pour la santé — l’H2S génère des plaintes de riverains et peut exposer l’exploitant à des poursuites. La réglementation française impose des seuils d’émission d’odeurs mesurés par olfactométrie selon la norme EN 13725, généralement fixés entre 500 et 1 000 unités d’odeur par mètre cube (UOE/m³). Le non-respect de ces seuils peut conduire à des mises en demeure, des astreintes et dans les cas les plus graves, à des dépôts de plainte auprès du procureur de la République.
Comment traiter l’H2S ? Les grandes familles de solutions
L’injection de réactifs en réseau
La solution la plus courante pour les réseaux d’assainissement consiste à injecter des réactifs chimiques dans les bâches des postes de relevage, avant que l’H2S ne se forme ou pour neutraliser les sulfures déjà présents. Les nitrates de calcium, les sels de fer (chlorure ferreux, ferrique) ou des réactifs innovants permettent d’agir de façon préventive ou curative selon la configuration du réseau. L’efficacité dépend largement de la qualité du diagnostic préalable et du pilotage du dosage — un automate bien paramétré peut réduire significativement la consommation de réactifs.
L’adsorption sur médias imprégnés — les laveurs secs
Pour les flux d’air canalisés (cheminées, extracteurs de bâtiments confinés, évents de process), le traitement par adsorption sur médias imprégnés est aujourd’hui la solution la plus performante. Des filtres dits “laveurs secs” contenant des médias à base d’alumine, de charbon actif ou de zéolithe imprégnés de réactifs chimiques permettent d’atteindre des taux d’abattement de l’H2S supérieurs à 99 %, même dans des conditions extrêmes de température et d’humidité.
La biofiltration
Pour des débits d’air très importants, la biofiltration sur lit minéral biologiquement actif permet de traiter simultanément l’H2S et l’ammoniac. Ce procédé biologique, peu gourmand en énergie et en exploitation, convient particulièrement aux stations d’épuration et aux sites de stockage de boues confinés.
La neutralisation d’odeurs par voie sèche
Pour les sources diffuses ou les configurations où une installation fixe n’est pas envisageable (stockages extérieurs, centres d’enfouissement, cheminées de fast-foods), des neutralisants d’odeurs appliqués sous forme de vapeur sèche permettent d’abattre les nuisances olfactives de 65 à 90 % sans consommer d’eau.
Prévenir plutôt que guérir : l’enjeu du diagnostic
Trop souvent, les industriels et collectivités n’agissent qu’une fois confrontés à une plainte de riverain, un accident ou un ouvrage dégradé. Or la production d’H2S est un phénomène prévisible et mesurable. Un diagnostic préalable, mesures en continu, analyse des paramètres du réseau ou du process, cartographie des zones à risque, permet de dimensionner le traitement au plus juste et d’éviter des investissements surdimensionnés ou, à l’inverse, sous-efficaces.
Des capteurs IoT autonomes et communicants par Internet permettent aujourd’hui de surveiller les concentrations d’H2S en temps réel sur des sites distants, avec une autonomie de deux à trois ans. Une évolution technologique qui rend la surveillance continue accessible même aux petites collectivités et aux PME industrielles. Pour aller plus loin sur les solutions de traitement disponibles, OdoSph’Air, spécialiste indépendant du traitement de l’H2S et des odeurs industrielles, propose diagnostics, essais et accompagnement sur mesure.
Questions / Réponses
Comment savoir si mon site est concerné par un risque H2S ?
Les sites les plus exposés sont ceux qui impliquent une dégradation anaérobie de matières organiques soufrées : réseaux d’assainissement avec des conduites de refoulement longues, stations d’épuration, digesteurs de méthanisation, industries de traitement des protéines animales, élevages intensifs, industries chimiques utilisant du soufre ou des sulfures. Si vous constatez des plaintes olfactives de riverains, une corrosion inexpliquée des ouvrages ou des malaises de personnel en espace confiné, le diagnostic H2S s’impose.
Quelles obligations réglementaires s’appliquent en matière d’H2S ?
Plusieurs réglementations encadrent l’exposition à l’H2S en France. Le Code du travail impose une valeur moyenne d’exposition (VME) et une valeur limite d’exposition (VLE) pour la protection des travailleurs. Les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) et les unités de traitement des eaux usées sont soumises à des seuils d’émission d’odeurs. En cas de nuisances avérées, les riverains peuvent déposer plainte sur le fondement des troubles anormaux de voisinage. L’employeur et l’exploitant peuvent voir leur responsabilité civile et pénale engagée.
Faut-il obligatoirement un équipement fixe pour traiter l’H2S ?
Non. De nombreuses solutions mobiles ou en location existent pour des situations temporaires ou pour valider un procédé avant investissement. Des équipements de neutralisation d’odeurs par voie sèche peuvent être mis en place en quelques heures. Des capteurs IoT autonomes permettent de réaliser un diagnostic sans installation lourde. Pour les traitements pérennes sur des flux importants, une installation fixe (laveur sec, biofiltration) sera plus économique à long terme — mais le diagnostic préalable est toujours la première étape.
L’H2S est-il un problème uniquement pour les grandes installations industrielles ?
Absolument pas. Les petites et moyennes communes avec des réseaux d’assainissement, les exploitations agricoles pratiquant la méthanisation, les abattoirs, les industries alimentaires, tous peuvent être confrontés à des problèmes d’H2S. La taille du site ne détermine pas le niveau de risque : une conduite de refoulement de quelques centaines de mètres dans une petite commune peut générer des concentrations d’H2S très élevées dans les ouvrages de tête de réseau. La vigilance s’impose à tous les exploitants concernés, quelle que soit leur taille.




