
Pascon SA : 78 ans d’expertise dans les films plastiques techniques, et un tournant vers le bio-sourcé
17 février 2026
EPMO : comment une coopérative d’ouvriers mécaniciens est devenue un acteur mondial du médicament
18 février 2026Jonathan Carène, réalisateur autodidacte passionné par le Japon et les cultures du divertissement, fonde en 2024 un studio qui explore les nouvelles technologies comme un moyen d’expression artistique et de création de récits porteurs de sens.
Il y a des parcours qui échappent aux trajectoires classiques. Celui de Jonathan Carène en fait partie. Francophone, anglophone et nippophone, ancien directeur d’une galerie de tableaux japonais en ligne, coréalisateur d’un documentaire sur l’écologie au Japon, il dirige aujourd’hui Masayume Studio, un studio de création visuelle qui utilise l’intelligence artificielle comme un outil narratif au service d’une vision artistique et d’enjeux contemporains.
Ce réalisateur autodidacte défend une idée simple : les technologies d’intelligence artificielle n’ont d’intérêt que lorsqu’elles servent une intention artistique. Avec Masayume Studio, fondé en 2024, il développe des projets audiovisuels qui cherchent à articuler narration, direction artistique et nouveaux outils de création.
En mars 2026, il reçoit à Londres le Best Music Video Award aux Bionic Awards, un festival consacré aux nouvelles formes de création audiovisuelle utilisant l’intelligence artificielle.
Le prix récompense son clip “A Creative Journey to Our End”, une œuvre personnelle qui explore sa propre relation à ces technologies. Le film propose un voyage créatif rendu possible par les outils d’IA, tout en questionnant la trajectoire qu’ils dessinent pour notre époque. À travers une succession d’images denses et symboliques, il met en scène une tension entre fascination pour ces nouveaux moyens d’expression et inquiétude face aux dynamiques qu’ils peuvent accélérer. Le clip suggère qu’un nouvel espace de création s’ouvre, tout en rappelant que ces technologies participent aussi à un monde saturé d’images et de production visuelle.

Un parcours entre culture japonaise, écologie et création visuelle
À 22 ans, Jonathan Carène lance AOJI, The Art of Japanese Illustration, une galerie de tableaux japonais en ligne qu’il dirige pendant cinq ans et qui rassemble plusieurs dizaines d’artistes japonais et internationaux. Le projet collabore notamment avec Konami autour de l’univers de Metal Gear Solid.
Soutenu par l’Ambassade de France au Japon, le film circule ensuite dans un cycle de projections-débats à travers l’archipel, notamment aux côtés d’Isabelle Delannoy, théoricienne de l’économie symbiotique. En novembre 2025, il est présenté à l’INALCO dans le cadre du Festival Jean Rouch. Aujourd’hui disponible gratuitement sur YouTube, cette mise à disposition libre est un point essentiel pour Jonathan : la diffusion prime sur la monétisation.
En 2017, Jonathan part huit mois au Japon avec sa compagne pour coréaliser Dekiru : c’est possible, un documentaire consacré aux initiatives écologiques japonaises.
Soutenu par l’Ambassade de France au Japon en 2019, le film circule ensuite dans un cycle de projections-débats à travers l’archipel, notamment aux côtés d’Isabelle Delannoy, théoricienne de l’économie symbiotique. En novembre 2025, il est présenté à l’INALCO dans le cadre du Festival Jean Rouch.
Le film est aujourd’hui disponible gratuitement sur ImagoTV.fr et YouTube. Pour le réalisateur, cette diffusion libre correspond à la nature du projet : partager des initiatives et des pistes de réflexion sur les transitions écologiques.

Masayume Studio : la narration au cœur de la création IA
Le nom du studio, Masayume, signifie en japonais “un rêve qui devient réalité“.
Pour Jonathan, l’intelligence artificielle ne doit pas être envisagée uniquement comme un outil de production. Elle doit s’inscrire dans une démarche de mise en scène, de direction artistique et de narration.
Cette approche trouve un écho dans des contextes variés, notamment dans les secteurs industriels ou technologiques où certaines innovations restent difficiles à rendre accessibles ou lisibles pour un public plus large.
Dans ces situations, un film peut permettre de traduire une idée, une innovation ou un projet en récit visuel. Le travail du studio consiste alors à articuler image, rythme et narration afin de rendre ces sujets plus compréhensibles et plus sensibles.
Film institutionnel, film industriel ou projet artistique peuvent ainsi partager des méthodes de mise en scène similaires, issues du langage cinématographique.
HORIZONTAL : une fiction sur les structures de pouvoir

Parmi les projets récents du studio figure HORIZONTAL – A Tale of the Vertical World, un court-métrage de science-fiction qui interroge les structures de pouvoir dans les sociétés contemporaines.
Le film met en contraste deux modèles symboliques. La verticalité renvoie à des formes d’organisation fondées sur la hiérarchie et la domination. L’horizontalité évoque des formes plus coopératives d’organisation sociale.
Le projet s’inscrit dans une démarche artistique autour des nouvelles possibilités narratives offertes par les technologies de création visuelle tout en invitant le spectateur à prendre du recul pour se questionner sur la quatrième révolution industrielle. HORIZONTAL a été sélectionné dans plusieurs festivals internationaux consacrés aux nouvelles formes de cinéma et aux créations assistées par intelligence artificielle.
Une activité entre création artistique et production audiovisuelle
Masayume Studio développe aujourd’hui des projets dans plusieurs domaines de la création audiovisuelle, notamment les courts-métrages, les clips musicaux, les films industriels et les productions institutionnelles.
Jonathan intervient comme réalisateur et directeur artistique sur des projets destinés à présenter des innovations, accompagner des transformations d’entreprise ou produire des contenus narratifs pour des institutions.
En parallèle, le studio poursuit des projets artistiques indépendants qui permettent d’explorer les possibilités offertes par les technologies d’intelligence artificielle dans un cadre cinématographique.
À plus long terme, Jonathan souhaite collaborer avec des sociétés de production et des diffuseurs afin de développer des projets audiovisuels plus larges. L’écologie et les questions de transformation sociétale restent des thématiques importantes dans ces futurs projets.
L’objectif est également de développer des œuvres et des univers narratifs dont la propriété intellectuelle pourrait être portée par le studio.
Questions / Réponses
Pourquoi avoir choisi de filmer la transition écologique au Japon ?
En préparant notre voyage nous avons trouvé peu de ressources sur ces sujets. Nous avions envie de partager nos découvertes et de montrer un Japon différent à travers un récit positif. Inspirés par le film Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent, nous avons voulu explorer des alternatives concrètes que nous pouvions rencontrer sur place : agriculture, vie collective, économie, éducation, énergie, recyclage ou encore politique. Nous avons réalisé ce voyage en stop, ce qui nous a permis de rencontrer des personnes et des initiatives que nous n’aurions probablement pas découvertes autrement.
Comment définissez-vous votre positionnement face à l’IA générative ?
L’IA générative est un outil très puissant. Qu’il s’agisse de générateurs de sons, de voix, de musiques, d’images, de vidéos ou de langage, ces technologies transforment déjà notre société.
Mon positionnement reste cependant critique. En tant qu’utilisateur expert, je suis aussi très sensible aux enjeux humains et environnementaux. Aujourd’hui la direction prise par l’industrie ne me permet pas d’être particulièrement optimiste. J’aimerais surtout que l’on prenne le temps de comprendre cette transformation et que l’on prenne soin des humains plutôt que de simplement accélérer.
Pourquoi insistez-vous sur la collaboration avec des artistes humains ?
Parce que l’IA n’est pas créative seule. La barrière technique baisse et la production audiovisuelle devient plus accessible, mais produire un contenu avec une intention artistique reste un travail de création.
Une musicienne, un styliste, un illustrateur ou un photographe apportent une sensibilité et une expérience qui ne peuvent pas être automatisées. J’espère que les spectateurs accorderont davantage d’attention aux créateurs eux-mêmes. Peu importe les outils utilisés, ce qui compte reste ce qu’ils racontent et ce qu’ils font ressentir.
Quels sont les objectifs pour Masayume Studio dans les prochaines années ?
Continuer à développer des projets dans le cinéma, les clips musicaux, les films industriels et les productions institutionnelles.
Je souhaite également collaborer avec des sociétés de production et des diffuseurs pour développer des projets narratifs plus larges. Les thématiques liées à l’écologie et à la sensibilisation restent importantes dans mon travail.
L’objectif est aussi de développer des projets originaux en collaboration.
Liens utiles
- Masayume Studio — masayume-studio.com
- Documentaire Dekiru : c’est possible — YouTube
- INALCO — Institut national des langues et civilisations orientales — inalco.fr
- Festival Jean Rouch — comitedufilmethnographique.com
- Ambassade de France au Japon — jp.ambafrance.org
- Isabelle Delannoy — Économie symbiotique — isabelle-delannoy.fr
- Escape.ai — Plateforme pour créateurs — escape.ai
- Midjourney — midjourney.com
- LinkedIn — linkedin.com




