
DSS+ : Le paradoxe du risque : Pourquoi les entreprises peinent encore à voir leurs risques évoluer
3 août 2026À Épinal, une entreprise née d’une intuition de terrain a fait du mètre carré des bâtiments industriels et logistiques une science exacte. Renault, SNCF Réseau, Intermarché ou le ministère de la Justice lui confient aujourd’hui leurs entrepôts et leurs usines, non pas pour les agrandir, mais pour en tirer tout le potentiel. Portrait d’une méthode qui mêle mathématiques, jumeau numérique et une bonne dose de pragmatisme de terrain.

Mélanie Glibusic, Fondatrice de MGIB
La France a un problème de mètres carrés, Mgib a inventé le T-TRIS des entrepôts
Le constat de départ tient en une phrase : dans un pays où le foncier industriel se raréfie autour des grandes agglomérations, agrandir reste pourtant le réflexe numéro un dès qu’un site est à l’étroit. Un réflexe coûteux, lent à obtenir administrativement, et de moins en moins tenable économiquement dans un contexte où la construction devient plus onéreuse, la main-d’œuvre plus rare et les exigences environnementales plus fortes. Mgib renverse la logique : avant de construire, encore faut-il vérifier que l’existant donne réellement tout ce qu’il peut donner.
Le cabinet d’ingénierie logistique et éditeur de logiciel d’aide à la décision, qui combine ingénierie logistique, ergonomie et digitalisation, avance un chiffre qui parle à tous les directeurs d’usine : en moyenne, la moitié des volumes de stockage resterait sous-exploitée, quelque soit le secteur, du retail à la pièce automobile en passant par la cosmétique, l’agroalimentaire ou le sanitaire-chauffage. Autrement dit, la plupart des entrepôts français stockent autant de vide que de marchandise. Pour Mgib, le vrai sujet n’est donc pas le manque de mètres carrés, mais des mètres cubes mal exploités.
Au-delà du diagnostic, l’entreprise met son expertise au service d’une vision de long terme. Ses équipes réunissent consultants spécialisés en intralogistique, ergonomes et chercheurs en recherche opérationnelle, une combinaison rare qui permet d’aller au-delà du simple constat pour construire des solutions réellement adaptées à chaque site. Chaque projet est ainsi pensé non pour répondre au seul besoin immédiat, mais pour anticiper l’évolution de l’activité du client sur les dix prochaines années, afin que l’implantation retenue aujourd’hui reste pertinente demain.
En trois ans, Mgib a investi plus de 2 millions d’euros dans sa R&D pour créer T-TRIS, son logiciel propriétaire, une intelligence artificielle co-développée avec deux laboratoires de recherche : le CNRS et l’UTT.Un pari porté par 50 personnes, qui a déjà convaincu 150 sites en France et dans les DOM-TOM, avec à la clé 40 % de gain de stockage en moyenne dans un même entrepôt, et des économies sur la gestion des stocks et l’immobilier d’entreprise comprises entre 600 000 € et plus d’1 million d’euros dès la première année d’intégration des règles mathématiques de Mgib sur la configuration de l’entrepôt et l’ajustement des stocks.
Mélanie Glibusic, une visionnaire qui avait une longueur d’avance
Tout commence par un rendez-vous professionnel comme tant d’autres. Salariée dans une entreprise d’agencement, Mélanie Glibusic se déplace pour vendre à un industriel une solution logistique clé en main. Sauf qu’en écoutant vraiment son interlocuteur, elle perçoit un besoin que personne n’a encore formulé : avant même de parler d’étagères ou de mezzanines, il faudrait repenser l’implantation du site dans son ensemble. Une évidence pour elle, un territoire vierge pour son employeur, dont l’activité s’arrête à la vente de matériel.
Cette longueur d’avance devient la marque de fabrique de Mgib. Là où l’industrie raisonnait encore en mètrescarrés à conquérir, Mélanie Glibusic voit déjà le potentiel caché dans l’existant, des années avant que lasaturation du foncier industriel ne devienne un sujet pour tout le secteur. Elle retourne voir l’industriel et lui propose de reprendre le dossier à son compte.
En 2018, à Épinal, cette vision donne naissance à Mgib. Le parcours qui y mène a de quoi forger un caractère : dès 16 ans, elle enchaîne les vacances scolaires comme opératrice sur presse, avant de construire, en alternance, un DUT Qualité, Logistique Industrielle et Organisation puis une licence en droit, économie et gestion tournée vers la commercialisation de technologies. De la chaîne de production aux bancs de la fac, elle n’a jamais cessé de confronter la théorie au réel.
Un jumeau numérique pour tester avant de démonter le moindre boulon
Concrètement, Mgib commence toujours par regarder, avant de toucher. Grâce à un scan 3D, l’entreprise recréeune réplique fidèle du bâtiment existant, explorable en visite virtuelle. Sur cette maquette, on peut déplacer unrayonnage, redessiner un flux de circulation, tester une nouvelle implantation, sans jamais interrompre l’activité réelle du site. Les erreurs qui coûtent cher, celles que l’on découvre habituellement une fois le chantier lancé ,sont ainsi débusquées à l’écran plutôt que sur le terrain.
Cette rigueur s’étend jusqu’aux environnements les plus sensibles. Sur un site classé Seveso, deux produits incompatibles, un aérosol à risque explosif et un fût d’huile par exemple, ne seront jamais recommandés au même emplacement : le modèle intègre les contraintes réglementaires au même titre que les contraintes physiques du bâtiment.

T-Tris, ou l’art de ranger 100 000 produits sans jamais se tromper
Derrière chaque configuration proposée par Mgib se cache T-Tris, un logiciel propriétaire construit sur des modèles mathématiques et algorithmiques. Sa raison d’être : explorer un nombre de combinaisons totalement hors de portée d’un rangement pensé à la main. Ranger seulement trois produits différents ouvre déjà la voie à environ 19 000 combinaisons possibles. Un entrepôt client moyen, lui, doit composer avec 100 000 produits enstock et 16 000 références distinctes.
L’outil articule trois logiques complémentaires. Il calcule d’abord les règles d’approvisionnement les pluspertinentes, c’est-à-dire combien de références conserver et en quelle diversité. Il détermine ensuite quelles références garder ou retirer du stock. Il confie enfin à l’intelligence artificielle le soin de regrouper chaque produit avec l’équipement le plus adapté, par similarité d’usage. Une dizaine de clients, dits Gold, testent déjà l’outil aux côtés des équipes de Mgib, en attendant l’arrivée prochaine d’un chef de produit chargé de préparer sa mise sur le marché : un abonnement dont le tarif suivrait le volume de références gérées par chaque client.
Des références qui n’ont pas besoin d’un argumentaire commercial
Plus de trois cents entreprises ont déjà fait appel à Mgib, qu’elles vendent des produits de grande consommation, des cosmétiques, des denrées alimentaires, du matériel médical ou des pièces automobiles. Les logisticiens premiers utilisateurs tel que le groupe PHE Autodistribution, SNCF Réseau, Dalkia , Alliance Automotive ou encore la Boutique du coiffeur, Distrigo Stellantis, le groupe Transport Vingeanne figurent parmi les noms les plus marquants, aux côtés également d’industriels comme Tronox, Trane , les usines Renault ou SEW-Usocome, pour ne citer qu’eux.
Un siège à Épinal, des talents venus de toute la France

Mgib aurait pu s’installer dans une métropole mieux connectée. L’entreprise a fait le choix inverse, et le pari fonctionne : loin de freiner son recrutement, ce choix attire des profils venus de toute la France. Le siège occupe un bâtiment haussmannien du centre-ville, entouré d’un jardin de 1 500 mètres carrés, un cadre pensé pour séduire des doctorants en intelligence artificielle, en informatique ou en recherche opérationnelle, venus s’installer là où on ne les attendait pas. Mélanie Glibusic est par ailleurs ambassadrice de la campagne Je Vois laVie en Vosges, portée par le Conseil départemental, aux côtés d’autres entrepreneurs du territoire.
La trajectoire financière suit la même pente ambitieuse. Depuis sa création, Mgib a levé plus de deux millions d’euros en deux tours de table. Le premier, en 2022, réunit 700 000 euros de fonds qui servent de tremplin pour rapprocher l’entreprise du monde de la recherche. Le chiffre d’affaires a bondi àprès d’un million d’euros l’an dernier, contre 150 000 euros lors de la toute première année d’activité. Elle cumule un chiffre d’affaires de plus de 4,5 millions d’euros depuis sa création. L’équipe, elle, réunit désormaisune cinquantaine de personnes aux parcours volontairement croisés : consultants seniors aguerris àl’intralogistique, chercheurs publiant dans des revues scientifiques, jeunes docteurs en intelligence artificielle.
Le modèle économique reste aujourd’hui centré sur le conseil, avec un retour sur investissement moyen de quatre ans et demi pour les clients qui font établir un schéma directeur logistique. Pourtant l’ambition regarde déjà plus loin : Mettre leur savoir-faire dans leur IA « T-TRIS » et s’imposer comme référence en Europe sur ce créneau du logiciel très spécifique du rangement optimisé d’entrepôt d’ici cinq ans, avant de viser un rayonnement mondial, en misant à la fois sur la vente directe et sur des partenariats avec des intégrateurs de WMS et d’ERP.
Mgib en chiffres

Au-delà du mètre carré, c’est la trésorerie que Mgib vient soulager. Car derrière chaque stock mal ajusté secache de l’argent immobilisé, un vrai sujet de gestion, trop souvent relégué au second plan. En s’appuyant sur des modèles de paramétrage toujours plus sophistiqués et sur la meilleure combinatoire possible, T-TRIS agit comme un véritable outil d’aide à la décision : il ne fait pas que gagner de la place, il va chercher des gains financiers conséquents et redonne de l’oxygène à la trésorerie de l’entreprise.
Pour en savoir plus sur les solutions de Mgib : mg-ib.com



