
APAVE : Oser l’industrie, sécuriser les transformations.
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27 mai 2026Déchets industriels, sites contaminés, matières dangereuses, équipements en fin de vie : là où beaucoup ne voient qu’un problème à gérer, ValoER voit une ressource à récupérer. Depuis quatre ans, ValoER, basée près de Montpellier, cherche des voies de transformation des rebuts de l’industrie pour en faire des matières premières de second cycle. Sans rien perdre en route.
Il y a quelque chose d’un peu paradoxal dans le modèle de ValoER : plus l’industrie produit de déchets complexes, plus leur activité a de sens. Des effluents chimiques chargés en métaux, des cellules d’hélicoptères en fin de vie, des outils de production industriels arrêtés ou abandonnés, des camions qui transportent des matières dont la moindre erreur de classification peut tourner au drame réglementaire. Ce sont exactement ces situations que ValoER a décidé de prendre en charge, de bout en bout.
Jérôme Frayret, cofondateur et président, a construit son entreprise sur une conviction simple : un déchet industriel bien traité n’est jamais une perte sèche. C’est une matière première qui attend d’être identifiée, séparée, purifiée, et réintroduite dans un circuit où elle a de la valeur. Pas recyclée n’importe comment, pas déclassée par paresse ou par manque de procédés. Vraiment valorisée.
Recyclage high-tech : conserver leur valeur aux déchets
La gestion des déchets industriels est encadrée par une réglementation stricte en France, notamment via la classification des déchets dangereux définie par le ministère de la Transition écologique. Mais la conformité réglementaire ne suffit pas. Ce que ValoER a développé va au-delà : des filières de revalorisation qui permettent de récupérer les métaux stratégiques contenus dans ces flux, de les purifier, et de les réinjecter dans des processus industriels exigeants.
Parmi les chantiers les plus emblématiques : le recyclage des alliages aéronautiques issus d’aéronefs en fin de vie. Ces alliages d’aluminium et de titane, développés pour résister aux contraintes les plus extrêmes, finissaient jusqu’ici recyclés pour des applications plus ordinaires, diluant dans la masse des propriétés métallurgiques qui avaient coûté des années de recherche. ValoER a mis au point des procédés d’élimination des traitements de surface et des peintures contenant des composés CMR (Cancérigènes, Mutagènes, Reprotoxiques), qui permettent de restituer le métal dans son état d’origine. Le résultat : un alliage réintégrable dans le même cahier des charges aéronautique, pour fabriquer de nouveaux avions. Une boucle fermée, dans le sens le plus strict du terme.
« Notre objectif est de réintégrer les matériaux dans le même process de production industriel d’où ils sont issus, avec leurs propriétés initiales. »
Jérôme Frayret, cofondateur de ValoER
Valoriser les déchets industriels : plus complexe qu’il n’y paraît

Plus généralement, le recyclage des métaux stratégiques (indium, cobalt, lithium, terres rares…) est un enjeu des plus actuels. Ainsi, le recyclage des équipements électriques et électroniques, les fameux D3E, est l’un des défis les plus complexes de l’économie circulaire. L’Agence de la transition écologique rappelle régulièrement que ces équipements concentrent des métaux stratégiques en quantités infimes mais précieuses. Les récupérer suppose des procédés de séparation et de purification que seul un opérateur spécialisé peut maîtriser.
C’est exactement le terrain sur lequel ValoER s’est positionné. Équipements high-tech mis au rebut, alliages métalliques complexes, métaux dissous dans des effluents liquides : la société déploie des techniques d’hydrométallurgie, de procédés membranaires et d’électrochimie pour extraire les fractions valorisables avec une précision qui n’a rien à voir avec le recyclage de masse. Les traitements de surface sont éliminés, les métaux séparés, les alliages restitués dans un état propre à une réutilisation industrielle sérieuse.
La société a également développé des systèmes mobiles déployables directement sur les sites de production, pour traiter les effluents chimiques à la source. Les principes actifs sont séparés et remis en cycle, les métaux dissous récupérés et valorisés. Moins de transport, moins de perte, plus de valeur récupérée là où elle se trouve.
Démantèlement de sites industriels : gérer ce que d’autres ne veulent pas toucher
Certains sites industriels accumulent des années de contamination chimique. Solvants résiduels, métaux lourds, composés organiques persistants : le démantèlement de ces unités nécessite une maîtrise des risques chimiques que peu d’opérateurs sont en mesure d’assurer de bout en bout. ValoER intervient sur ces chantiers sensibles avec une approche intégrée, du diagnostic initial au traitement des matières récupérées, en passant par la sécurisation des opérations.
La réglementation française impose des obligations strictes aux exploitants de sites classés ICPE (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement) lors de leur mise en arrêt définitif, encadrées par le code de l’environnement. Faire appel à un spécialiste comme ValoER, c’est s’assurer que la remise en état du site respecte ces exigences tout en maximisant la valorisation des matériaux récupérés plutôt que de les éliminer à perte.

Transport de matières dangereuses : la conformité comme valeur ajoutée
Le transport de matières dangereuses est un domaine où une erreur de classification ou un défaut de documentation peut avoir des conséquences graves, pour le transporteur, pour les riverains, et pour l’industriel donneur d’ordre. ValoER accompagne ses clients dans la mise en conformité avec la réglementation ADR, le cadre européen qui régit le transport terrestre de marchandises dangereuses, en leur apportant un conseil opérationnel ancré dans la réalité du terrain.
Cette expertise réglementaire complète les autres activités de la société et constitue un service à part entière pour les industriels qui gèrent des flux de matières sensibles au quotidien. Le règlement ADR, régulièrement mis à jour par la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe, impose des contraintes croissantes en matière d’étiquetage, de conditionnement et de formation des personnels impliqués dans ces opérations.
Un cap ambitieux, une trajectoire claire

Soutenue par une aide France 2030 et en cours de consolidation de nouveaux partenariats industriels, ValoER vise une vingtaine de collaborateurs et dix millions d’euros de chiffre d’affaires dès 2028. Une unité industrielle en Occitanie, capable de traiter les volumes nationaux, est prévue dans un horizon de trois ans.
Dans le contexte du règlement européen sur les matières premières critiques entré en vigueur en 2024, qui fixe à 25% la part du recyclage dans l’approvisionnement européen en matériaux stratégiques d’ici 2030, une entreprise comme ValoER n’est plus seulement utile. Elle devient nécessaire.
Ce que l’industrie produit comme déchets complexes, ValoER le transforme en ressource. Quatre ans après sa création, l’évidence de ce modèle n’a jamais été aussi claire.




