
Jalix : Vingt ans à gérer les systèmes d’information et leur transformation de ses clients
1 juillet 2026Saint-Germain-en-Laye, Yvelines. Dans les bureaux de Webdyn, on ne parle pas de panneaux solaires mais de flux, de scripts et de temps de réponse. Depuis plus de quinze ans, cette entreprise conçoit des passerelles et des systèmes de télégestion pour l’industrie, l’énergie et les réseaux d’eau. Aujourd’hui intégrée au groupe espagnol Flexitron, elle a trouvé, avec une installation solaire en Espagne, un cas d’usage qui résume assez bien ce que sait faire l’IoT industriel quand il sort des salons professionnels pour affronter le réel.
Une entreprise née dans le M2M, grandie dans l’énergie
Webdyn n’a rien d’une start-up qui découvre son marché. La société conçoit depuis longtemps des concentrateurs multi-protocoles capables de dialoguer avec des équipements industriels souvent peu bavards : automates, compteurs, onduleurs, capteurs de toute sorte. Son rachat par Flexitron en 2020 a changé d’échelle : le chiffre d’affaires est passé de 4,3 à 11 millions d’euros entre 2020 et 2022, et l’entreprise a depuis renforcé sa position sur le photovoltaïque en prenant une participation majoritaire dans Adeunis, spécialiste des bâtiments intelligents. Trois marchés structurent aujourd’hui son activité : le smart grid et le photovoltaïque, le smart building, et les utilities, c’est-à-dire la supervision des réseaux d’eau et d’énergie.
Le problème que personne ne voit tant qu’il n’arrive pas
Une installation photovoltaïque produit de l’électricité. Jusque-là, rien de compliqué. Le problème commence quand cette production dépasse la consommation du site et qu’elle n’a nulle part où aller, sinon le réseau public. Dans plusieurs pays, dont l’Espagne, la loi interdit purement et simplement cette réinjection dans certaines configurations. Le Décret royal 244/2019 impose ainsi à de nombreuses installations un fonctionnement en mode zéro injection strict : pas un watt ne doit sortir vers le réseau, sous peine de non-conformité.
Sur le papier, l’exigence semble simple. Dans les faits, elle suppose un pilotage capable de réagir en quelques millisecondes à chaque variation de production ou de consommation, sans jamais se tromper, et cela sur des installations qui utilisent des onduleurs et des compteurs de marques différentes selon les sites.

Le cas Bright Sunday : du décret à la solution concrète
C’est exactement ce défi qu’a rencontré Bright Sunday, une entreprise qui développe des centrales photovoltaïques en Espagne sans investissement initial pour ses clients, via des contrats d’achat d’électricité. Sur ses projets industriels, impossible de faire l’impasse sur le zéro injection imposé par la réglementation espagnole.
Webdyn a répondu avec sa gateway WebdynSunPM, équipée d’un script de contrôle certifié conforme au décret royal 244/2019. Le principe : le boîtier surveille en permanence le compteur réseau et les onduleurs, et ajuste la puissance injectée en moins de deux millisecondes dès qu’un écart apparaît entre production et consommation. Concrètement, l’installation ne produit jamais plus que ce que le site peut absorber sur l’instant, ce qui élimine tout risque de dépassement réglementaire.
Le point qui a pesé dans le choix de Bright Sunday n’est pas seulement la performance du système, mais son indépendance vis-à-vis du matériel. WebdynSunPM communique en Modbus avec des onduleurs de marques différentes, ce qui a permis de déployer la même architecture de contrôle sur plusieurs sites, sans dépendre d’un fournisseur unique ni reconstruire une solution à chaque nouveau projet.
Ce que ça change une fois le système en place
Vasco Vieira, directeur de l’Asset Management chez Bright Sunday, résume l’apport du système en une idée assez parlante : un contrôle total sur l’énergie solaire produite, sans que la conformité réglementaire devienne une source de complexité au quotidien. Sur le terrain, cela se traduit par une supervision centralisée dans un seul boîtier plutôt qu’un empilement d’outils, une détection plus rapide des anomalies, et surtout la possibilité de maximiser l’autoconsommation sans craindre le moindre écart avec la loi.
Pour Bright Sunday, dont le modèle économique repose justement sur la rentabilité de ses centrales solaires, cette fiabilité a une conséquence directe : chaque kilowattheure produit peut être valorisé au maximum, sans perte liée à une limitation de sécurité mal calibrée.

Une illustration d’un mouvement plus large
L’histoire de Bright Sunday n’est pas un cas isolé. Elle illustre une tendance de fond du photovoltaïque professionnel : la production d’électricité solaire ne peut plus être pensée seule, déconnectée du réseau et de la réglementation qui l’encadre. Les exploitants qui réussissent sont ceux qui pilotent, mesurent et ajustent en continu, plutôt que ceux qui installent des panneaux et espèrent que tout se passera bien.
C’est précisément le terrain sur lequel Webdyn a bâti son savoir-faire depuis quinze ans, bien avant que le mot IoT ne devienne un argument marketing : faire parler entre eux des équipements qui, à la base, n’étaient pas faits pour communiquer, et transformer cette donnée brute en décisions prises en temps réel.




