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27 octobre 2026Nahil Benkhaï, kinésithérapeute a créé un cabinet d’audit dédié à la prévention des troubles musculo-squelettiques dans les bureaux. Sa méthode : observer le travail tel qu’il se fait vraiment, puis donner à la direction de quoi décider.
Dans l’industrie, on connaît bien les troubles musculo-squelettiques. Gestes répétitifs, ports de charges, postures contraignantes : le sujet est suivi de près dans les ateliers. Et pour cause, les TMS sont depuis plus de vingt ans la première maladie professionnelle reconnue en France. Mais une partie des équipes ne travaille pas en production. Au siège, dans les services administratifs ou les fonctions support, les contraintes sont plus discrètes, et souvent moins surveillées.
Le constat d’un kiné
Nahil Benkhaï installé en libéral depuis 2020, il a vu défiler dans son cabinet des patients aux douleurs étrangement semblables, souvent en lien avec le travail de bureau. Au fil des séances, une idée s’est imposée : les situations de travail et leur organisation pouvaient également contribuer à l’apparition ou à la persistance de ces troubles. C’est de cette conviction qu’est né Physio Serenity.

Bien plus qu’une question de chaise
Pour le fondateur, les TMS de bureau ont plusieurs causes, qui se combinent : la sédentarité, les heures passées devant l’écran sans vraie pause, des journées qui se ressemblent toutes, une charge qui ne laisse pas le temps de récupérer. Le mobilier compte, bien sûr, mais il n’explique pas tout. Une lecture que rejoint l’INRS, pour qui la prévention des risques liés au travail sur écran passe aussi par l’organisation du travail, et pas seulement par le choix du siège ou de l’écran.
Les premiers signaux ne ressemblent d’ailleurs pas toujours à une douleur franche : de l’inconfort, de la fatigue, parfois des arrêts. Quant aux actions de sensibilisation, elles peuvent être utiles, mais ne suffisent pas toujours lorsqu’elles ne s’accompagnent pas d’une analyse des situations de travail et d’actions organisationnelles.
Observer, objectiver, décider
La démarche croise plusieurs sources : des questionnaires anonymisés, des échanges avec les équipes et l’observation des situations de travail sur site. Les facteurs d’exposition réels sont ainsi identifiés, sans être supposés, puis les constats sont structurés et priorisés. La direction reçoit enfin un rapport synthétique présentant les principaux facteurs d’exposition, les actions recommandées et les modalités de suivi. Un document conçu pour être lu en comité de direction.
Un cadre clair
Physio Serenity n’a rien d’une animation bien-être. Pas de soin individuel, pas de donnée nominative transmise à l’entreprise : seule une lecture d’ensemble est restituée. Le cabinet intervient en complément de la médecine du travail, sans s’y substituer.
L’offre s’adresse principalement aux entreprises tertiaires, sièges sociaux et fonctions support, notamment aux organisations de plusieurs centaines de salariés. Le bon moment pour la solliciter ? Quand les mêmes tensions reviennent, quand la sensibilisation ne suffit plus, ou quand le télétravail et les écrans rendent le sujet difficile à piloter. Pour une DRH ou un référent prévention, c’est l’occasion d’objectiver avant d’agir.
Dans les ateliers comme dans les bureaux, la prévention commence par regarder le travail tel qu’il est.




